
Catherine VAUTRIN, que nous connaissons bien en Corse car elle occupait le poste de ministre des territoires et de la décentralisation dans le gouvernement BARNIER et a effectué de nombreux voyages dans l’île, vient d’être nommée à la tête d’un grand ministère dans le gouvernement BAYROU.
Pour mener sa mission de ministre du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles elle dispose de trois ministres placés sous son autorité : Mme Astrid PANOSYAN-BOUVET, ministre chargée du Travail et de l’Emploi, M. Yannick NEUDER, ministre chargé de la Santé et de l’Accès aux soins et Mme Charlotte PARMENTIER-LECOCQ, ministre déléguée chargée de l’Autonomie et du Handicap.
Sa mission est difficile. Elle aura à gérer la crise du système de soins, l’adoption du budget de la sécurité sociale qui a suscité la récente motion de censure et la chute du gouvernement BARNIER, ainsi que la future négociation avec les syndicats sur la réforme des retraites qui avait suscité de vives tensions au sein de la société française.
La suite qui est anecdotique mérite cependant d’être signalée. Elle dénote des comportements incompréhensibles par les français.
Yannick NEUDER, le nouveau ministre de la santé et de l’accès aux soins, pensait pouvoir s’installer dans le bureau de l’ancienne ministre de la santé. Et puis patatras ! Le bureau du ministre de travail étant en cours de réfection, la ministre VAUTRIN a occupé le bureau convoité par Mr NEUDER. S’en est suivi un imbroglio qui est remonté jusqu’au Premier Ministre, et l’ire de celui qui s’est vu écarter du bureau tant convoité.
Querelle de préséance et/ou d’égo penseront certains. En tous cas elle illustre la césure entre deux mondes, le monde des maroquins ministériel et monde réel.
En effet cette information venait achopper sur une situation bien plus inquiétante relative au monde réel et à l’état de la société française.
D’après la Banque de France en octobre 2024, le nombre de dossiers de surendettement déposés s’inscrit en hausse de 11% par rapport à octobre 2023 : il passe de 120 000 à 134 000.
Source : https://www.banque-france.fr/fr/publications-et-statistiques/statistiques/barometre-mensuel-de-linclusion-financiere-ndeg43-octobre-2024
Le surendettement a connu un inquiétant rebond en 2024 : le nombre de dépôts de dossiers a augmenté de 12 % entre janvier et octobre. La cause ne relève pas seulement des crédits à long terme non remboursés. Il y a aussi des crédits à la consommation, obtenus pour payer les charges courantes, qui renforcent le surendettent des ménages.
Si les cas de surendettement concernent principalement les foyers précaires, il s’étend à d’autres couches de la société. Il devient un problème pour les plus aisés, en raison d’un accident de la vie : divorce, décès, aide à l’installation des enfants et/ou investissement risqué.
C’est ce qui explique l’augmentation des procédures de surendettement.
Enfin il y a des métiers indépendants (peintres, décoration, etc.) qui sont impactés par le « DO IT YOURSELF », sans compter les professions libérales qui demandent à leurs salariés de devenir des auto-entrepreneurs, afin de se défaire de obligations du Code du travail.
C’est un phénomène profond et continu dans la société qui mériterait une attention particulière de la part d’une mission transversale, car les chiffres de 2024 ne devrait pas s’arranger au regard de l’évolution de l’activité économique et de la hausse des fermetures d’usines.
Reste à trouver le bureau pour réunir les personnes qui devront se pencher sur ce dossier…
Et bien sûr, les fauteuils, mais pas aux prix de ceux de la présidence du Sénat : 34 000 € pour deux fauteuils et un prototype….