Dans son discours du 15 février 2024 (conférence politique de l’association nationale pour l’économie d’affaires à Washington), l’ancien président de la BCE et ancien directeur-adjoint de la grande banque d’affaire Goldman Sachs pour l’Europe, libéral assumé, a surpris son auditoire.
Je vous livre une synthèse de son intervention parue dans la revue le Grand Continent du 24 avril 2024. Elle marque un bouleversement dans sa perception du monde, car il appelle à augmenter le rôle de la puissance publique, pour arriver à un mieux d’Etat au service du bien public.
Il reconnait de la sorte qu’un marché ouvert à la concurrence et sans régulation conduit à des désordres manifestes, politiquement insupportables, pouvant ouvrir la voie à des conflits régionaux importants, où les grandes puissances seraient impliquées, alors que le monde est en paix depuis 1945.
Il montre d’abord que la mondialisation heureuse n’a pas eu lieu et qu’elle a conduit à des désordres supérieurs aux bénéfices, révélés par la crise sanitaire et la guerre en Ukraine (§ I).
Dans cette période instable, il pense ensuite que les mesures budgétaires, donc le rôle des États ou des ensemble d’États, devront prendre le pas sur les mesures monétaires, sujettes aux décisions des banques centrales indépendantes ou aux agences de notation, pour adapter les politiques économiques (§ II ) et la conclusion à en tirer ( § III).
III – CONCLUSION
Sans élargir l’action au monde occidental, cette vision est pertinente pour l’UE qui a besoin de marges de manœuvre politiques pour investir dans les transitions économiques, industrielles, financières, budgétaires, et dans l’amélioration des chaînes d’investissement pour augmenter la croissance de la productivité.
Les politiques économiques doivent donc être cohérentes avec une stratégie et un ensemble d’objectifs communs.
Les transitions entreprises par les sociétés, dictées par le choix largement partagé de protéger le climat ou par les menaces d’autocrates, ou bien par l’indifférence aux conséquences sociales de la mondialisation, sont profondes et pourraient alimenter d’importants conflits sur divers continents.
Les européens connaissent cependant la valeur de la démocratie et ce qu’elle a apporté depuis 1945. Ils veulent la préserver et être inclus dans les cercles décisionnels. Il appartiendra aux dirigeants et aux hommes politiques d’écouter, de comprendre et d’agir ensemble pour concevoir un avenir commun.
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