Chacun convient que la dissolution était une erreur politique et économique. Mais elle n’entraîne pas ipso facto une démission du Président. Cependant la République va mal et aucune modification constitutionnelle à court terme ne pourra la faire aller mieux.

La suppression de l’élection du chef de l’État au suffrage universel bouleverserait le système et donnerait à l’élection de l’Assemblée une importance capitale. Mais on imagine mal en cette période trouble, les français en train de rajouter du désordre, voire du chaos à cette proposition, si tant est que quelqu’un la porte.

Quant aux autres propositions, suppression du droit de dissolution et de l’article  49 /3, leur disparition remettraient en cause les équilibres de la 5ème République, tant les deux procédures ont été utilisés par les gouvernements de diverses tendances politiques aux affaires.

Pour trouver des aménagements pertinents au système institutionnel, il faut  s’interroger sur la nature de la crise dans laquelle est plongé le pays.

La 1ère division est politique. On y voit une césure gauche droite, avec une extrême gauche et une extrême droite qui se rejoignent, le tout porté par une démagogie qui gagne toutes les formations politiques.

À première vue, on y voit une division gauche droite, même si aujourd’hui l’extrême droite et l’extrême gauche se rejoignent et si la démagogie gagne toutes les formations politiques.

Mais sur le fond l’opposition se fait entre tenants du redressement financier (le parti de l’ordre financier et moral ) et tenants de la distribution sociale (le parti de la correction des inégalités sociales).

Les 1ers prônent la croissance et de la rigueur. Les 2èmes  répondent aux revendications des oubliés de la mondialisation. Les deux partagent le sentiment  que le pays, comme l’UE, sont engagés dans un mouvement général de déclin économique, technologique, démographique, cognitif et géopolitique dont il convient de s’extraire.

Cependant demeurent les déficits budgétaires et commerciaux et l’endettement qui signifient que le pays consomme plus qu’il ne produit, qu’il préfère la rente au travail et privilégie le présent par rapport à l’avenir.

Or ce qui domine dans le pays, c’est l’écart entre les aspirations de la société et ses besoins. Le sentiment du partage des richesses, le redistribution sociale, l’emporte sur le redressement et la remise à niveau du système productif du pays.  Les déficits, la réforme des retraites, la crise du vote des budgets 2025 et le vote de la censure sont l’expression des tensions entre désirs et réalités, entre le souhaitable et le nécessaire.

La 2ème division est structurelle. Elle se caractérise par une remise en cause des partis regroupant 50 % de la volonté modernisatrice et Républicaine du pays.

Depuis 1945, la France a fondé une démocratie libérale, humaniste et laïque établie, l’alliance atlantique et la dissuasion gaullienne en assurant la sécurité. Puis avait été établie une économie de marché ouverte sur le monde, capable de relever par la croissance les défis de la justice, de la sécurité et de l’égalité sociale.

Le triomphe de l’ultra-libéralisme depuis Reagan dans la décennie 80 et l’expansion et la puissance des GAFAM ont emporté ce consensus et provoqué l’élargissement du socle électoral des extrêmes qui ont toujours existé en France.  Contestant les partis classiques qui sont empêtrés dans un jeu de pouvoir avec des rivalités de personnes et des querelles d’appareil amplifiées par un flux continu d’information, LFI et le RN regroupent aujourd’hui près de la moitié des électeurs.

Or les solutions proposées aux deux bouts de l’arc politique sont irréalistes alors les économies européennes s’enfoncent dans l’immobilisme et le déclin, que notre situation géopolitique se dégrade partout, et même en Europe sous les avancées de Poutine.

Pour en sortir, il est fondamental de remettre au cœur de notre débat public les grands enjeux philosophiques, économiques, sociaux et géopolitiques qui en ont disparu depuis la dissolution et que les personnages politiques retrouvent du souffle et de la consistance et cessent leur course à la recherche de la lumière médiatique.

C’est au bloc central, tous partis confondus et au Président de la République, que reviendra la responsabilité d’élaborer une offre politique cohérente et convaincante pour que le prochain Premier ministre puisse gouverner dans la sérénité, à condition que le Président de la République le permette,  en ne faisant pas un nouveau choix regrettable.

 

 

 


En savoir plus sur edg.corsica

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Tags: