En annonçant, le 7 janvier 2025 des changements dans les modes de modération des contenus sur Facebook et Instagram, Mark Zuckerberg marque effectue un virage à 180° alors qu’il avait « banni »  Donald Trump de FB après l’assaut sur le Capitole en 2021.

1 – Un renversement politico-économique

Les uns après les autres, les grands patrons de la technologie US se rangent derrière Donald Trump et son principal collaborateur politique, le libertarien Elon Musk, patron de Tesla, de SpaceX et de  X (ex-tweeter). Rappelons qu’Elon Musk s’est fait remarquer par son soutien à l’AFD allemande et l’extrême droite anglaise, tout en s’en prenant aux chancelier allemand qualifié d’imbécile et au 1er Ministre britannique  qui soutiendrait des réseau pédo-criminels.

Jeff Bezos, patron d’Amazon et du Washington Post, lui, n’avait pas autorisé le journal à prendre position lors du duel Biden- Trump de 2024, alors que ce fut la « marque de réflexion de ce grand quotidien » lors des élections de 2008, 2012, 2016 et 2020. 

Mark Zuckerberg, patron de Facebook, Instagram, WhatsApp a ainsi annoncé le 7 janvier, un virage majeur de son groupe en direction des amis de Donald Trump, alors qu’il l’avait « banni » après l’intrusion dans le Capitale en 2021. Suivant ses déclarations il le fait au nom de la liberté, car les dernières élections marqueraient une nouvelle ère culturelle avec « la priorité accordée à la liberté d’expression ».

Pour ce faire, l’entrepreneur a annoncé le retour des sujets politiques sur ses plateformes, qui opèreraient trop de censure, en raison d’erreurs d’analyses.  Quasiment tout sera donc publié avec une modération faite par des internautes, censés souligner les inexactitudes des propos publiés. L’entreprise va donc déplacer ses équipes de modération depuis la Silicon Valley en Californie où existe une importante communauté de démocrate, vers le républicain et conservateur Etat du Texas, c’est dire le virage entrepris.

Instaurée sur X par Elon Musk, cette méthode permet aux internautes d’ajouter un commentaire à un tweet jugé inexact, car la majorité d’entre eux proviendraient de la gauche, et diminueraient la confiance que les internautes accordent aux publications.

Pour se faire « pardonner », dans la lignée des bourgeois de Calais offrant, pieds nus, une corde au cou, les clés de la ville et du château aux Anglais après la guerre de 100 Ans, Mark Zuckerberg a versé  1 million de dollars (près d’1 M€) la cérémonie d’investiture de Donald Trump le 20 janvier prochain.  

Les grands magnats de la technologie US ont suivi le même chemin. Ainsi en est-il de Jeff Bezos, fondateur d’Amazon et propriétaire du Washington Post, régulièrement attaqué par Donald Trump pendant son premier mandat (2017-2021), car il ne supportait pas les critiques du journal. Evidemment Jeff Bezos, lui, se plaignait de représailles politiques de Trump qui aurait attribué un contrat de banque de données à son concurrent Microsoft.

Mais en interdisant que son journal prenne position sur la dernière élection présidentielle, il a donné des gages aux président républicain. Et Jeff Bezos va, lui aussi, financer la cérémonie d’investiture de M. Trump, qui sera, cerise sur le gâteau, diffusée avec  Amazon.

Il en va de même pour le patron d’Apple, Tim Cook,  en bons termes avec le républicain depuis son 1er mandat, qui a  rapatrié 250 milliards de dollars de capitaux localisésà l’étranger, en payant 40 milliards de dollars d’impôts, lors de la réforme fiscale de Trump. Il y avait gagné un remise sur les droits de douane imposés à la Chine pour ses produits qui y sont assemblés et qui auraient donc dû être plus chers pour les consommateurs, entraînant de fait une baisse des ventes et de ses bénéfices.

2 – Les attaques contre la souveraineté de l’UE

En réalité ces patrons ne supportent pas la souveraineté de l’UE accusée d’adopter des  lois institutionnalisant la censure et s’en prennent à la DSA, (Directive sur les Services numériques) en place depuis 2024. Elle a pour objet de réguler les plate-forme numériques qui ont une régulation laxiste de la haine, de la manipulation, de la désinformation et des contrefaçons.

Il faut préciser que les GAFAM ( Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) sont particulièrement touchées par la DSA, d’où leur colère.

Marc Zuckerberg annonce même qu’il aura le soutien du nouveau président Trump pour faire plier les pays du monde entier qui s’en prennent aux entreprises américaines et poussent à une censure accrue », comme si la censure chinoise ou russe était comparable à la régulation européenne. Jusque là le propriétaire de FB était pro-Biden et doit donc montrer des gages pour ne pas subir les foudres du nouveau Président des USA

Au-delà de la DSA, les GAFAM n’aiment décidément pas cette UE régulatrice car la CJUE a confirmé la décision de la Commission européenne mettant en cause des avantages fiscaux dont Apple a bénéficié en Irlande et qui doit rembourser 13 milliards (Mds) d’€. Il en va de même pour Google auquel la CJUE a infligé une amende de 2,4 Mds d’€ pour abus de position dominante.

L’offensive contre l’UE est ainsi flagrante. Le ralliement des GAFAM à Trump s’inscrirait dans une contre antieuropéenne après les récentes amendes car ils redoutent toute forme de régulation de l’Intelligence Artificielle (IA).

3 – La Rochefoucauld dans le cœur des GAFAM

La Chine fait elle l’objet de l’attention des GAFAM, qui ne veulent pas que leur sous-traitants subissent des droits de douanes élevés, renchérissant leurs produits et diminuant leurs marges.   

Enfin, l’opposition de Trump à l’accord de Paris, visant à réduire le réchauffement climatique sert les GAFAM qui ont besoin de beaucoup d’énergie pour refroidir leur datacenters et alimenter l’IA.

En se prévalent d’entraves à la liberté d’expression et d’innovation, les GAFAM servent leur intérêts et on mesure combien le président Trump, climatosceptique, anti européen et anti chinois leur est précieux.

La maxime La Rochefoucauld (1613- 1680) est toujours d’actualité pour  qualifier le comportement de GAFAM et leur soutien au nouveau président Trump : « Bien souvent nos convictions politiques prennent la couleur de nos intérêts ».

 


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